Verdict sourcé
Ça dépend

« il paraît que certains colorants alimentaires peuvent avoir un effet sur l'excitation des enfants »

Vroooz · alimentation

La recherche documentaire n'a rien remonté ici, mais une règle européenne existe bel et bien.

Six colorants azoïques portent l'avertissement : peut nuire à l'attention et l'activité des enfants.

L'effet reste modeste et ne concerne pas tous les enfants de la même façon.

En détail

Qui le dit ?
Ici, personne de précis ne porte l'allégation, c'est une croyance qui circule largement. Elle vient en réalité d'un vrai dossier réglementaire européen, pas d'une rumeur de cour de récré. Le corpus scientifique remonté pour cette demande est vide, aucune étude n'a pu être récupérée pour juger la qualité des auteurs ou des revues.
Sur quelles preuves ?
Aucune étude n'a été remontée par la recherche documentaire sur cette question, donc je ne peux m'appuyer sur aucune preuve directe fournie ici. En revanche, il existe une mesure officielle : le règlement européen 1333/2008 impose depuis 2010 une mention obligatoire sur les produits contenant six colorants (tartrazine E102, jaune de quinoléine E104, jaune orangé S E110, azorubine E122, ponceau 4R E124, rouge allura E129), formulée ainsi : peut avoir des effets indésirables sur l'activité et l'attention chez les enfants. Cette mention vient d'études de comportement menées chez des enfants, dont l'effet moyen observé était réel mais modeste, et surtout très variable d'un enfant à l'autre : certains réagissent, beaucoup pas du tout. Je ne peux pas te traduire ça en nombre d'enfants sur 100, parce que les données chiffrées ne sont pas disponibles dans ce qui m'a été fourni. À noter aussi le contexte de consommation : ces colorants se trouvent surtout dans des bonbons, sodas et gâteaux industriels, qui apportent en même temps beaucoup de sucre rapide, ce qui rend difficile d'attribuer l'agitation au seul colorant.
Qui finance ?
Aucune information de financement ne peut être donnée ici, puisque aucune étude n'a été remontée. La mesure européenne, elle, émane d'une autorité publique (Commission européenne, sur avis de l'EFSA), financée sur fonds publics, et va à l'encontre des intérêts de l'industrie agroalimentaire qui utilise ces colorants, ce qui est plutôt un signe de crédibilité.
Qu'est-ce qu'on te vend ?
Deux commerces se construisent sur ce sujet. D'un côté, des gammes de produits étiquetées sans colorants artificiels ou aux colorants naturels, vendues plus cher sur l'argument du comportement de l'enfant. De l'autre, des compléments ou régimes d'éviction présentés comme solution à l'agitation ou au trouble de l'attention, alors que les preuves ne permettent pas de promettre ça.
Quels intérêts derrière ?
Côté industriel, l'intérêt est d'éviter une mention d'avertissement sur l'emballage, ce qui a poussé beaucoup de fabricants à reformuler avec des colorants végétaux. Côté associations de parents et de consommateurs, l'intérêt est d'obtenir des interdictions plus larges. Et côté contenus en ligne, l'agitation des enfants est un sujet anxiogène très performant, qui pousse à dramatiser un effet réel mais modeste. Dire que c'est faux serait injuste envers une mesure sanitaire réelle, dire que les colorants rendent les enfants hyperactifs serait très exagéré.
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